Il s’en est fallu de peu, une nouvelle fois. Notre soirée organisée avec Amnesty International s’est bien déroulée jeudi 9 février à Versailles mais sa tenue est restée jusqu’aux derniers jours sous la menace d’une nouvelle interdiction. La préfecture a en effet un moment hésité à l’annuler, des «mouvements sur les réseaux sociaux» ayant été détectés, avec des messages issus d’extrémistes parisiens. Mais ni les dirigeants de la salle de l’Ermitage, ni l’AFPS ni Amnesty n’ayant reçu de nouvelles menaces, Jean-Claude Samouiller, le président d’Amnesty International France, a donc finalement donné sa conférence sur l’apartheid en Palestine. Devant une salle comble de 120 personnes, il a brillamment démont(r)é les rouages de l’impitoyable machine à oppresser les Palestiniens. Jean-Claude Samouiller s’appuyait sur une enquête réalisée pendant quatre ans par Amnesty qui, sur l’exactitude des faits observés sur place, n’a pas été contestée par ceux qui nient l’existence de ce crime contre l’humanité, défini dans plusieurs textes de droit international.

Politique, législatif, militaire, judiciaire, social ou culturel, le rapport d’Amnesty publié en 2022 détaille toutes les facettes d’un système ultraperfectionné de domination fondé sur quatre stratégies principales.
La fragmentation en domaines de contrôle maintient les Palestiniens séparés les uns des autres dans des sphères territoriales, juridiques et administratives distinctes.
La dépossession de terres et de biens est une pratique discriminatoire consistant à démolir des logements et procéder à des expulsions forcées.
La ségrégation et le contrôle confinent les Palestiniens dans des enclaves, les soumettent à diverses mesures de contrôle de leur vie et les séparent de la population juive israélienne.
La privation des droits économiques et sociaux provoque délibérément une paupérisation délibérée de Palestiniens très défavorisés par rapport à la population juive israélienne.

Rodé à son exercice par de nombreuses conférences données à travers la France exceptées celles qui ont été annulées comme à Montpellier ou Marseille , le président d’Amnesty International France a ouvert son intervention avec une vidéo éclairante. Jean-Claude Samouiller a dans la seconde partie de la soirée été rejoint au micro par Jean-Guy Greisalmer, de l’Union juive française pour la paix (UJFP), une de nos partenaires avec la Ligue des droits de l’Homme, le CCFD – Terre Solidaire, , le MAN et le MRAP.

Cette conférence, qui s’est déroulée sans incident notable, aura donc mis plus de quatre mois pour exister. Elle est dédiée à la mémoire de Françoise Gaudeul, membre de l’AFPS Versailles, qui en avait initié l’idée.

L’article de Toutes les nouvelles annonçant la soirée. (01/02/2023)

Le compte-rendu de la conférence paru quelques jours plus tard dans Toutes les nouvelles (15/02/2023)

Tendances