Nous ne savons plus qui, à l’AFPS Versailles, avait émis cette belle idée d’une conférence sur l’apartheid en partenariat avec Amnesty International. Nous pensions alors qu’elle ne serait pas forcément facile à organiser, mais nous n’imaginions pas que nous empruntions un chemin aussi tortueux et semé d’embûches. Toutes proportions gardées, nous pourrions tracer une parallèle avec ce que vivent les Palestiniens lorsqu’ils veulent se déplacer d’un point A à un point B, obligés de passer par des checkpoints, barrages mobiles, contrôles, longs détours et autres vexations, pour parfois ne même pas atteindre leur destination.

Après l’interdiction au dernier moment, le 14 octobre dernier, d’une salle par la paroisse du Chesnay, les portes se sont de nouveau fermées à l’approche de l’AFPS et d’Amnesty International. C’est cette fois-ci le Centre Huit qui nous refuse une salle quelques jours après avoir donné son accord. Par un mail daté du 8 novembre, L’Eglise protestante de Versailles, propriétaire du lieu, avait pourtant accepté notre réservation pour la soirée « Le peuple palestinien et l’apartheid », organisé par l’AFPS 78, Amnesty International et soutenue par CCFD – Terre Solidaire, la Ligue des droits de l’Homme, MAN (Mouvement pour une Alternative non-violente), l’UJFP (Union juive française pour la paix) et le MRAP. Mais le 22 novembre, un nouveau message douchait tous les enthousiasmes. Arguant de problèmes « dans l’allumage de notre chaudière » tout en relevant « la teneur « politique » de la conférence », elle indiquait « ne pas souhaiter finalement prendre part aux débats qu’elle occasionnerait ».

L’Eglise protestante reproduit ainsi le même schéma décisionnel qu’au Chesnay : une avancée puis un recul soudain et inexplicable. Avec cette fois-ci une variante plutôt pittoresque : nous sommes, à l’AFPS, désolés du dérèglement thermique de la chaudière du Centre Huit, qui, pourtant, nous laisse quelque peu… climato-sceptiques. Quant à la « teneur politique » de notre conférence, il est étonnant qu’elle apparaisse aussi évidente que rédhibitoire aux gérants de la salle deux semaines après leur accord.

Avec les obstacles passés dressés par la mairie, et ces deux récents refus (avant les prochains ?), il semble évident que l’existence de l’AFPS à Versailles génère toute une batterie de comportements défensifs : pressions souterraines, tractations, tentatives d’intimidation, interdictions sèches et sans scrupules, refus d’un dialogue collectif, primauté donnée aux préjugés et à la méconnaissance, sans parler de textes aussi haineux que grotesques de certains sites communautaires.

Les défenseurs des droits des Palestiniens sont-ils définitivement ostracisés à Versailles ? Cette nouvelle volte-face, qui ne manque pas de poser la question de la liberté d’expression dans notre ville, place l’AFPS, Amnesty International et les associations partenaires une nouvelle fois au pied du mur, à la recherche d’une nouvelle salle.

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